Coup de gueule des lycéens
Ce que les jeunes Mauriciens pensent vraiment de l'école, de leur avenir et de l'intelligence artificielle. Ils ne rejettent pas l'IA : ils l'ont déjà adoptée, seuls, sans qu'on la leur enseigne.
Les chiffres clés
Le fossé n'est pas entre les jeunes et la technologie : il est entre ce que les élèves font déjà et ce que l'école leur transmet. Et il se double d'un doute profond sur leur avenir à Maurice.
- 89%utilisent l'IA générative, tous les jours ou de temps en temps
- 81%révisent avec ChatGPT ou une autre IA à la maisonleur premier outil d'étude, devant YouTube
- 66%estiment que l'école ne les aide pas à comprendre et utiliser l'IAnote de 1 ou 2 sur 5 ; 11% se sentent accompagnés
- 56%reprochent à l'école d'interdire l'IA au lieu d'apprendre à s'en servir
- 66%se voient étudier à l'étranger après le HSCdont 21% sans intention de revenir
- 18%croient vraiment pouvoir réussir leur carrière en restant à Maurice42% en doutent
- 58%veulent « beaucoup » de cours de soft skills
- 62%citent la pression et le stress parmi ce qu'ils détestent en cours
Ce que révèle la consultation
Une école jugée tiède, pas détestée
L'école les prépare-t-elle à la vie d'après ? 3,05 sur 5 en moyenne : 49% restent au point neutre, 29% se sentent bien préparés, 22% se disent largués. Ils reprochent la pression et le stress (62%), l'ennui et les journées trop longues (60%), le par-cœur (54%) et des matières jugées inutiles (51%).
Le paradoxe de l'IA
L'école les aide-t-elle à comprendre l'IA ? 2,21 sur 5 en moyenne. 48% disent apprendre par cœur « des choses qu'on trouve en deux secondes », 37% n'avoir jamais été formés au bon usage de l'IA. Pour 62% des réponses libres, l'IA est d'abord un outil, une aide, « pas un remplaçant ».
Entre espoir et menace
52% voient l'IA comme « une chance pour réussir », 36% comme « une menace pour mon futur job », 29% comme « une triche que les profs détestent ». Les élèves anxieux pour leur avenir y voient plus souvent une menace (42% contre 31% chez les confiants). Leur première peur : « choisir la mauvaise voie » (40%).
Rester ou partir
Parmi ceux qui doutent de Maurice, 75% veulent partir. Les motifs du départ : de meilleures universités (62%), voir le monde (61%), de meilleures opportunités d'emploi (52%), un meilleur salaire (47%). Ce qui les retiendrait : la famille et les proches (49% des réponses libres), puis le cadre de vie (23%).
Deux angles morts : données et environnement
33% n'avaient pas, ou à peine, entendu parler de l'empreinte de l'IA (énergie, eau des data centers). Sur leurs données, 38% disent faire attention à ce qu'ils partagent, 25% sont inquiets sans savoir quoi faire, 31% estiment que « le service vaut le coup ».
Une demande de concret
58% veulent beaucoup de cours de soft skills (communication, esprit critique, coopération) et 46% accueillent favorablement des cours pratiques. 13% écrivent une filière « hors nomenclature », signe d'un cadre jugé trop rigide.
« À l'école, on nous interdit de nous servir de l'IA, alors que les profs, eux, l'utilisent pour préparer nos cours. Je trouve ça injuste. »
Élève de Grade 13
« On pourrait nous montrer comment faire une interview, un CV, envoyer un mail, travailler en équipe. »
Élève, filière générale
Méthodologie
- Échantillon
- 202 réponses valides (une soumission de test retirée), recueillies du 10 au 28 juin 2026.
- Profil
- Âge : 14-15 ans (41), 16-17 ans (110), 18-19 ans (51). Filière : sciences (66), économie et commerce (38), lettres et sciences humaines (39), technique et professionnelle (4), pas encore choisie (28), et 27 réponses hors nomenclature.
- Questionnaire
- 28 questions sur l'école aujourd'hui, l'avenir, l'après-HSC, l'IA, et le profil du répondant.
- Traitement
- Toute option représentant moins de 1% des réponses est écartée des graphiques et des commentaires. Les questions ouvertes sont codées par thèmes (une réponse peut relever de plusieurs thèmes).
- Confidentialité
- La colonne e-mail a été entièrement supprimée avant analyse, et tout identifiant (noms, établissements) a été retiré des verbatims cités, conservés dans la voix originale des élèves.
Le rapport complet
15 pages, en français : l'analyse, les verbatims, les perspectives à un à trois ans, les recommandations à court et à long terme, et une question par graphique.
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